Al Kalam

LA SÎRA

Partager l'article sur les réseaux sociaux

Introduction

La principale source d’informations concernant la vie de Muhammad se trouve dans un ensemble d’écrits biographiques qu’on nomme la Sîra. Le plus emblématique est sans nul doute la Sirât Rasul Allâh, composée vers la fin du 8e siècle. Ici, c’est le terme Sirât (du latin strata), « chemin », qui est utilisé, traduisant le caractère normatif de la vie de Muhammad. En effet, les textes de la Sîra ont moins vocation à raconter le passé qu’à construire une figure « héroïco-religieuse »1 servant de modèle au présent. C’est le grand mérite de Tayeb El-Hibri d’avoir montré que l’historiographie islamique de l’époque abbasside – époque durant laquelle la plupart des textes de la Sîra voient le jour – a d’abord pour objectif de répondre aux besoins politiques et religieux du pouvoir en place2. Comme on le verra, une grande partie des auteurs de la Sîra écrivaient pour le compte des califes abbassides et étaient par eux rémunérés. Comme le note Hela Ouardi, « la Sîra a été fatalement instrumentalisée à des fins de propagande et ses auteurs/compilateurs ont subi de plein fouet ces circonstances agitées, opérant dans leurs récits des arrangements complaisants à l’égard du pouvoir abbasside »3.

Dans ces conditions, et sauf à de rares exceptions, on ne s’attendra pas à lire, dans la Sîra, des récits qui refléteraient un semblant de réalité historique. Non pas que les auteurs musulmans aient délibérément cherché à tromper leur public en racontant toutes sortes de fables. Il convient plutôt de resituer la Sîra dans un genre de littérature à mi-chemin entre l’histoire et la fiction. Comme le rappelle Pierre Nora, « entre l’histoire et le roman existe une dialectique essentielle. C’est tout le développement des deux genres depuis l’Antiquité qu’il faudrait reprendre pour comprendre leur fécondation réciproque […] depuis Hérodote, qui se trouve être à la fois le père de l’enquête historique et le roi des affabulateurs »4. Pour l’historien John Wansbrough, la Sîra est le fruit d’un « milieu sectaire » ayant pour principal objectif de fabriquer une « histoire du salut » (Heilsgeschichte) islamique – en quelque sorte un roman national5.

Il n’est pas le lieu de démontrer ici en quoi les textes de la Sîra relèvent davantage de la fiction que de l’histoire au sens moderne du terme. Nous aurons l’occasion d’y revenir longuement lors de prochaines publications. Pour l’heure, il nous suffira de rappeler que ces textes ont été écrits a minima un siècle après la mort de Muhammad, si ce n’est davantage. Certes, certains récits existaient déjà avant leur mise par écrit par les historiographes postérieurs, que ce soit de façon orale ou sous la forme de notes éphémères et d’aide-mémoire. L’objectif de cet article est de présenter au lecteur quelques-uns des principaux textes qui forment la Sîra ainsi que leurs auteurs, réels ou supposés.

1. Wahb ibn Munabbih (654 – 728). Originaire du Yémen, il est surtout connu pour avoir introduit dans l’islam des légendes juives et proche-orientales6. Wahb aurait en outre écrit un livre sur les expéditions du Prophète7, mais on ne possède ni l’original, ni les copies éventuelles. Un fragment sur papyrus, daté de 844, comporte quelques narrations sur la vie de Muhammad attribuées à Wahb8. Cependant, la centaine d’années qui sépare sa mort et le fragment en question doit nous inviter à faire preuve de la plus grande prudence quant à son authenticité.

2. Urwa ibn al-Zubayr (643 – 712). ʿUrwa est un personnage important des débuts de l’islam. On prétend qu’il fut le neveu d’Aïcha, et donc à ce titre un proche de la famille du Prophète. De plus, son frère n’était autre que ʿAbd Allâh ibn al-Zubayr, celui-là même qui mena une révolte contre le calife omeyyade ʿAbd-al-Malik. Après la mort de son frère, tué par les hommes du calife, ʿUrwa serait rentré en contact avec ce dernier afin d’obtenir son pardon. Selon la tradition musulmane, il aurait écrit, sous la forme de lettres composées à la demande de ʿAbd-al-Malik, la première « biographie » de Muhammad. L’emploi du conditionnel est ici très important, car on ne possède ni les originales des lettres supposées, ni même les copies des originales9. Ces lettres nous sont connues seulement à partir d’une recension très tardive, et semble-t-il incomplète, faite par le savant al-Tabari (m. 923). Cela laisse donc un écart d’environ deux-cents ans par rapport à la date à laquelle les lettres auraient été rédigées, ce qui doit nous inciter à la plus grande prudence quant à la question de leur authenticité. Il est par ailleurs notable qu’aucun historiographe antérieur au savant persan n’en fasse mention. De plus, comme le remarque de Prémare, « on ne sait finalement pas si celui-ci [= al-Tabari, ndlr] avait une copie effective des lettres devant lui, ou des passages de cette copie, ou un simple compte-rendu du contenu des lettres transmis oralement et dont il se faisait lui-même le scribe final »10.

Le contenu de ces lettres a fait récemment l’objet d’une étude minutieuse menée par deux historiens allemands, Andreas Görke et Gregor Schoeler11. Il ressort de leurs travaux que de nombreux écrits ont été attribués après coup à ʿUrwa sans qu’il en soit le véritable auteur12. Ce phénomène de « forgerie » rend d’autant plus difficile le travail de l’historien dont la tâche est de démêler le vrai du faux. Par ailleurs, les éloges adressés à ʿUrwa méritent d’être accueillis avec un certain scepticisme. Les deux chercheurs soulignent en effet que « les affirmations concernant sa fiabilité et l’exactitude de sa transmission des rapports, ainsi que sa loyauté ou sa piété, ne peuvent être considérées comme des connaissances établies sans un examen plus approfondi »13. En dépit de ces réserves, Görke et Schoeler avancent qu’une partie des lettres attribuées à ʿUrwa ont de bonnes chances d’être authentiques. Si tel est le cas, cela signifierait qu’une partie des écrits biographiques sur Muhammad remonterait à la fin du 7e siècle. Bien que leurs travaux aient été critiqués par certains historiens14, leur argumentation nous paraît globalement convaincante.

Cela étant dit, plusieurs points méritent d’être soulignés. Premièrement, le fait que certains récits de la vie du Prophète soient anciens ne signifie pas qu’ils décrivent ce qui s’est réellement passé. Comme le concède Andreas Görke dans une autre publication, même des écrits aussi anciens que ceux prêtés à ʿUrwa ont fait l’objet de déformations et d’ajouts légendaires en tous genres15. Deuxièmement, les lettres de ʿUrwa ne sont pas une « biographie » à proprement parler. Leur contenu se limite généralement à des anecdotes portant sur quelques événements de la vie du Prophète – l’émigration à Yathrib, la bataille de Badr, la conquête de La Mecque, etc. Même en acceptant l’authenticité des lettres, celles-ci nous fournissent un nombre limité d’informations sur le Prophète.

Par ailleurs, les récits rapportés par ʿUrwa ne s’accordent pas toujours avec les versions figurant dans les écrits plus tardifs. Dans certains cas, les contradictions sont même flagrantes. Un bon exemple concerne le récit de la première révélation. Selon la version devenue canonique, Muhammad a reçu sa première révélation de la part de l’ange Gabriel alors qu’il était en retraite dans une grotte. Dans la version que donne ʿUrwa, en revanche, la révélation passe par des visions et une voix. Il n’est pas encore question de la grotte ou de l’ange Gabriel16. On peut en déduire la probable évolution du récit : une version primitive, rapportée par ʿUrwa, où l’expérience du Prophète revêt une dimension essentiellement psychologique (on pourrait même dire hallucinatoire). À une époque ultérieure, les historiographes musulmans développeront une version plus élaborée et enrichie des éléments légendaires qu’on lui connait.

Muhammad ibn Shihab al-Zuhri (671 – 742). Ce savant originaire de Médine est considéré par certains comme le « premier historien » de l’islam. Élève de ʿUrwa, il s’était mis au service deʿAbd al- Malik et de ses successeurs, et joua un rôle important dans la constitution des premières écritures islamiques. Non pas qu’il soit l’auteur d’une véritable biographie du Prophète entièrement rédigée, mais plutôt d’un ensemble de notes ou de brouillons. Malgré sa piété et son érudition, sa réputation sera entachée par son tempérament « sanguin » (on raconte qu’il aurait fouetté à mort l’un de ses employés)17 et surtout à cause de sa proximité avec le pouvoir. On le soupçonne, non sans raison, d’avoir collecté et même fabriqué de toutes pièces des hadîths « pour servir les objectifs politiques des Omeyyades »18. Nous reviendrons plus longuement sur le cas de ce personnage ambivalent dans un article consacré aux hadîths.

3. Muhammad Ibn Ishâq (704 – 767). Ibn Ishâq est l’auteur de la plus ancienne biographie du Prophète, qui est aussi la plus connue. Son grand-père, d’origine juive, avait été capturé dans une synagogue sous le règne d’Abu Bakr19. Ramené à Médine, il avait obtenu sa libération en échange de sa conversion à l’islam. Ibn Ishâq fait donc ses premiers pas dans la ville du Prophète, où il rencontrera al-Zuhri et deviendra son élève. Il se spécialise d’abord dans la généalogie avant de devenir traditionniste. Sean Anthony souligne cependant que « la plupart des savants de Médine de la propre génération d’Ibn Ishâq rejetaient totalement son autorité, refusaient de transmettre ses travaux et s’en prenaient vigoureusement à sa réputation »20. En effet, malgré l’importance de son œuvre, Ibn Ishâq est un personnage controversé. On l’accusait d’être un dépravé sexuel qui séduisait les jeunes femmes de Médine, au point que le gouverneur de la ville, averti par les époux mécontents, l’aurait attaché à une planche de bois avant de lui tondre la tête et de le fouetter21. Une autre anecdote raconte qu’on l’aurait un jour aperçu se promenant dans un vêtement si fin et usé que ses testicules pendaient à l’air22. On lui reprocha également d’avoir des tendances chiites et de « transmettre à partir des juifs et des chrétiens »23. Mais l’accusation la plus sérieuse lancée contre lui, la seule dont on soit totalement sûr, est qu’il adhérait au qadarisme, un courant du début de l’islam qui niait la prédestination des hommes et professait le libre-arbitre24. On sait de source sûre qu’il avait été arrêté et flagellé à Médine pour de telles opinions25. Parmi ses nombreux adversaires, le plus coriace était sans aucun doute le juriste Mâlik ibn Anas (m. 795), lui aussi étudiant d’al-Zuhri, qui le traita d’imposteur et de Dajjal26 (l’équivalent de l’Antichrist chez les musulmans).

Devant l’hostilité, Ibn Ishâq quitte Médine pour trouver refuge à Bagdad. C’est là, dans le nouveau siège du pouvoir, qu’il composera sa célèbre Sîra à la demande du calife al-Mansur (m. 775). Selon al-Khatib al-Baghdadi (m. 1071), ce dernier aurait en effet demandé au savant « de composer, à l’intention du prince héritier et futur calife al-Mahdi, un grand livre ainsi qu’un abrégé de l’histoire, depuis la création d’Adam jusqu’à aujourd’hui »27. Tout comme les lettres attribuées à ʿUrwa, c’est donc encore une fois sous le patronage et la surveillance du pouvoir politique que la biographie du Prophète a été réalisée. Cette biographie était divisée à l’origine en trois sections : la première était consacrée à l’histoire de la révélation avant l’islam, qui s’étendait d’Adam jusqu’à Jésus, la seconde dédiée à la période mecquoise de la vie du Prophète, et la troisième à la période médinoise. Toutefois, il n’est pas certain qu’Ibn Ishâq ait écrit un livre à proprement parler. Il semble qu’il s’agissait, au moins en partie, leçons récitées devant ses élèves28. En tout cas, nous ne possédons aucun écrit original, mais seulement des copies transmises par certains de ses élèves. Ces copies ont de nombreux inconvénients : elles sont à la fois plus tardives que l’original, incomplètes, et présentent des différences assez notables les unes par rapport aux autres29. En 1925, l’orientaliste allemand Johann Wilhem Fûck avait identifié une quinzaine de recensions de l’œuvre. Une étude publiée en arabe en 1994 mentionne de son côté non moins de 61 recensions30.

ʿAbd al-Malik Ibn Hichâm (? – 833) La copie la mieux préservée est celle de l’historien irakien Ibn Hichâm. Sa recension, connue sous le nom de Sîra Muhammad Rasûl Allah, est devenue la biographie quasi officielle du monde sunnite, et en tout cas la plus répandue. Pour être précis, il ne s’agit pas véritablement d’une « copie » de l’original mais d’une version abrégée (ou plutôt censurée) dans laquelle ont été mis à l’écart les récits qui ne concernaient pas Muhammad ainsi que d’autres que l’on jugeait embarrassants. Cette censure est totalement assumée par Ibn Hichâm, qui écrira dans son introduction avoir composé la Sira « en laissant de côté une partie de ce qu’Ibn Ishâq a mentionné dans ce livre », à savoir notamment « des choses dont il est désagréable de parler, ou qui peuvent être pénibles pour certaines personnes »31. Dans un article bien documenté, Michael Lecker a mis en évidence plusieurs cas de « censure éditoriale »32. Le célèbre épisode des « versets sataniques », qui figurait dans la version originale, n’apparait plus dans la version remaniée par Ibn Hichâm. La mention du polythéisme du Prophète avant la révélation passe elle aussi à la trappe. Un récit dans lequel le jeune Muhammad avait l’intention de forniquer avant d’en être empêché par Allâh disparait également, etc. On voit donc comment se met en place un travail de tri et de sélection, les récits devenus embarrassants pour l’orthodoxie islamique étant purement et simplement éliminés.

La découverte d’un extrait de la Sîra sur un fragment de papyrus ancien, découvert dans l’oasis du Fayyoum, en Égypte, illustre la diffusion et la popularité de l’œuvre d’Ibn Hichâm dans le monde musulman.

Fig. 1 : Papyrus PERF N° 665 – Bibliothèque nationale autrichienne (Vienne). L’extrait conservé a trait au deuxième serment d’al-ʿAqaba, lors duquel, selon la tradition, les habitants de Yathrib se seraient réunis pour prêter serment à Muhammad et organiser son départ de La Mecque.

La Sîra est aujourd’hui accessible au lecteur non-arabophone grâce aux traductions en langues occidentales. En anglais, le lecteur pourra consulter la traduction d’Alfred Guillaume, intitulée The Life of Muhammad (1955) et complétée d’une introduction et de notes. En français, on se tournera vers la traduction d’Abdurrahmân Baqawi, publiée en deux tomes aux éditions AlBouraq. Il existe également une version abrégée et annoté par Wahib Attalah publiée chez Fayard.

Al-Waqidi (747 – 822). Né à Médine, il se passionne très tôt pour les récits des expéditions du Prophète et recueille de nombreuses informations sur le sujet. Après avoir exercé un temps le métier de marchand de blé, il débarque en Irak où il fait la rencontre du calife Harûn al-Rashîd (m. 809) qui fera décoller sa carrière d’auteur. Al-Waqidi est surtout connu pour son Kitab al-Maghazi, qui couvre uniquement la période médinoise de la vie de Muhammad. La réputation d’al-Waqidi n’est pas plus enviable que celle d’Ibn Ishâq. Il est vrai qu’il avait des tendances chiites33, ce qui constitue une charge suffisante aux yeux de certains auteurs pour le discréditer. Cela n’empêchera pas le savant al- Tabari de faire un usage abondant de ses écrits.

5. Muhammad Ibn Sa’d (784 – 845). À Bagdad, il fut le disciple et secrétaire d’al-Waqidi. On lui doit un ouvrage important intitulé « Les Grandes Classifications » (al-Tabaqât al- kubrâ), en plusieurs volumes. Il s’agit d’une sorte « d’encyclopédie biographique » concernant le Prophète et ses Compagnons, ainsi que leurs successeurs et les premiers transmetteurs de hadîths34.

6. Al-Tabari (839 – 923). Originaire du Tabaristan (aujourd’hui en Iran), il est l’un des savants les plus éminents du monde musulman. Connu pour sa monumentale exégèse du Coran, il s’intéresse également au droit, à l’histoire, à la grammaire ainsi qu’aux mathématiques et à la médecine. Il a laissé derrière lui une œuvre intitulée Tarikh al- Rusul wa ‘l-Muluk (« Histoire des Prophètes et des Rois »), une sorte d’histoire du monde qui débute avec les patriarches et se clôt en 915. Al- Tabari a composé son œuvre en réutilisant des légendes juives et chrétiennes, des éléments issus de la mythologie iranienne et du folklore arabe, sans oublier bien sûr les écrits de ses prédécesseurs35, au premier rang desquels figurent Ibn Ishâq et al-Waqidi. Malgré ses sources « douteuses », son Histoire est tenue en estime par les savants musulmans36. Mais pouvaient-ils remettre en cause l’œuvre du grand savant iranien ?

Références

1↑ Nous reprenons la judicieuse expression d’Alfred-Louis de Prémare, Les fondations de l’islam. Entre écriture et histoire, Paris, Seuil, 2002, p. 18.

2↑ Tayeb El-Hibri, Reinterpreting Islamic Historiography: Hârûn al-Rashîd and the Narrative of the ‘Abbâsid Caliphate, Cambrige University Press, 1999, pp. 1-16.

3↑ Hela Ouardi, « Les contradictions de la Sîra », in Mohammad Ali Amir-Moezzi & John Tolan (éds.), Le Mahomet des historiens, Le Cerf, 2025, vol. 1, p. 126.

4↑ Pierre Noran, « Histoire et roman : où passent les frontières ? », Le débat, n° 165 (3), p. 6.

5↑ John Wansbrough, The Sectarian Milieu, Routledge, 1978.

6↑ Alfred-Louis de Prémare, « Wahb b. Munabbih, une figure singulière du premier islam », Annales. Histoire, Sciences Sociales, vol. 60 (3), 2005, pp. 531-49.

7↑ ʻAbd al-ʻAzīz Dūrī, The Rise of Historical Writing Among the Arabs, Princeton University Press, 1983, p. 30.

8↑ Raif G. Khoury, Wahb b. Munabbih: der Heidelberger Papyrus PSR Heid Arab. 23, Wiesbaden 1972, p. 272.

9↑ Alfred-Louis de Prémare, Les fondations, op. cit., p. 14.

10↑ Ibid, p. 16.

11↑ Andreas Görke & Gregor Schoeler, The Earliest Writings on the Life of Muammad: The ‘Urwa Corpus and the Non-Muslim Sources, Gerlach Press, 2024.

12↑ Ibid, p. 9.

13↑ Ibid.

14↑ Voir notamment Joshua Little, The Hadith of ʿĀʾišah’s Marital Age: A Study in the Evolution of Early Islamic Historical Memory, pp. 312-3 ; Stephen Shoemaker, « In Search of ʿUrwa’s Sīra: Some Methodological Issues in the Quest for “Authenticity” in the Life of Muammad », Der Islam, vol. 85, 2011.

15↑ Andreas Görke, « The Historical Tradition about al-Hudaybiya: a Study of. Urwa b. al-Zubayr’s Account », in Harald Motzki (éd.), The Biography of Muḥammad: The Issue of the Sources, Brill, 2000, p. 260.

16↑ Andreas Görke & Gregor Schoeler, The Earliest Writings, op. cit., p. 27.

17↑ Ibn Sayyid al-Nas, al-Nafh al-shadhi fi sharh Jdmi’ al-Tirmidhi, Riyadh, 1988, p. 544.

18↑ Alfred-Louis de Prémare, Les fondations, op. cit., p. 321.

19↑ Michael Lecker, « Muhammad b. Ishāq āib al-maghāzī: Was His Grandfather Jewish? », in Andrew Rippin & Roberto Tottli (eds.), Books and Written Culture of the Islamic World. Studies Presented to Claude Gilliot on the Occasion of His 75th Birthday, Brill, 2015, pp. 26-38.

20↑ Sean Anthony, op. cit., pp. 152-53.

21↑ Ibid, p. 153.

22↑ Ibid.

23↑ Alfred-Louis de Prémare, Les fondations, op. cit., p. 17.

24↑ Claude Gilliot, « Ibn Ishaq », in Joseph W. Meri (ed.), Medieval Islamic Civilization. An Encyclopedia, Routledge, 2006, vol. 1, p. 357.

25↑ Sean Anthony, op. cit., pp. 154-55.

26↑ La rivalité entre les deux hommes est née du fait qu’Ibn Ishâq avait prétendu que Malik n’était pas d’ascendance arabe, contrairement à ce qu’il racontait. Il semble que l’auteur de la Sira avait raison. Cf. Sean Anthony, op. cit., p. 154.

27↑ Cité par Gregor Schoeler, Écrire et transmettre dans les débuts de l’islam, PUF, 2002, p. 65.

28↑ Claude Gilliot, art. cit., p. 357.

29↑ Alfred-Louis de Prémare, Les fondations, op. cit., p. 16.

30↑ Adrien de Jarmy, « La tradition sunnite », in Mohammad Ali Amir-Moezzi & John Tolan, op. cit., p. 100.

31↑ Alfred-Louis de Prémare, Les fondations, op. cit., p. 3.

32↑ Michael Lecker, « Notes about censorship and self-censorship in the biography of the Prophet Muammad », al-Qatara, vol. 35, 2014, p. 236.

33↑ Alfred-Louis de Prémare, Les fondations, op. cit., p. 388.

34↑ Ibid, p. 367.

35↑ Bo’az Shodhan, Poetics of Islamic Historiography: Deconstructing Tabari’s History, Leiden: Brill, 2004, xxix.

36↑ Ibid, xxvi.